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Le 3 mai prochain, à Abidjan, la quatrième édition de ce forum va rassembler plus de 250 acteurs du transport, du digital, du commerce, de la mobilité, de la fintech, des affaires maritimes et de la distribution dans les salons du Pullman Hôtel. Un rendez-vous sous le haut patronage du Ministre des Transports, Amadou Koné, et le parrainage de la Ministre de la Femme, Nasseneba Touré. Mais au-delà du programme, c’est une dynamique qu’il faut lire entre les lignes. Celle d’un continent où les femmes ne réclament plus leur place dans la logistique : elles la construisent.

Une architecture patiemment bâtie

Pour comprendre ce que représente cette 4e édition, il faut revenir à l’intention fondatrice. WILA a été créé en avril 2021 par Christiane Ohin-Traoré, une professionnelle du secteur, convaincue que les femmes africaines doivent être visibles, représentées et stratégiquement positionnées dans un domaine historiquement masculin. L’initiative, née à Abidjan, a grandi vite et bien. En trois ans, 19 pays sont représentés au sein du réseau, plus de 700 femmes actives ont été fédérées, et les éditions précédentes du forum ont abordé des sujets lourds de sens : l’égalité des chances dans la logistique (2022), la ZLECAf comme levier d’intégration continentale (2023), et la mobilité urbaine en Afrique (2024).

Chaque édition a posé une brique. Avec méthode. Avec ambition. Avec lucidité aussi.

Une vision stratégique, pas un simple plaidoyer

Ce qui frappe chez WILA, c’est que le discours n’est pas militant, mais structurel. Il ne s’agit pas simplement de “féminiser” un secteur. Il s’agit de repenser la chaîne logistique africaine à travers une approche plus inclusive, plus durable, plus ancrée dans les réalités du continent.

Les valeurs de WILA – solidarité, leadership, excellence – sont devenues des leviers d’action. Le forum n’est pas une parenthèse dans l’agenda annuel des participantes : il est un espace de transmission, de deals, de programmes, de partenariats, de recommandations concrètes aux autorités. De l’action, pas de l’intention.

2025 : l’édition de la consolidation digitale

Le choix du thème cette année n’est pas anodin :

« La digitalisation et la chaîne d’approvisionnement en Afrique : défis et opportunités pour les leaders de la logistique et leurs clients ».

Dans un contexte où la transformation numérique s’accélère, la question n’est plus de savoir si la logistique doit se digitaliser, mais comment. Et surtout, par qui. Car la révolution numérique dans le transport et la logistique ne doit pas se faire sans les femmes. Ni en les cantonnant à des rôles d’exécution.

Les enjeux sont multiples :

  • Adopter des outils technologiques adaptés aux réalités africaines : traçabilité, plateformes intégrées, data en temps réel.
  • Former les professionnelles aux nouveaux outils digitaux, du supply chain management à l’analyse prédictive.
  • Défendre l’interopérabilité et la sécurité numérique dans un environnement encore très fragmenté.
  • Renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement grâce à l’intelligence logistique.

Et dans cette réflexion, le point de vue féminin apporte une lecture terrain, pragmatique et centrée sur l’impact. Le digital, ici, n’est pas un gadget. C’est une promesse d’efficacité, de transparence et de souveraineté logistique.

Au cœur du changement : un réseau qui avance ensemble

Ce que WILA est en train d’installer, c’est plus qu’un événement annuel. C’est une communauté professionnelle d’impact. Chaque édition du forum est l’occasion de visibiliser des projets, de célébrer des parcours (à travers les WILA Awards), de mettre en relation des leaders africains autour d’objectifs communs. Et surtout, de proposer une lecture féminine du développement logistique en Afrique, sans complexe, sans concession.

Le succès de WILA repose aussi sur la qualité de ses partenariats : entreprises privées (Abidjan Terminal, Uber, Yango, SADA Motors…), organisations internationales (CEA, ONU Femmes), ministères, collectivités. Tous ceux qui croient qu’une logistique performante pour l’Afrique ne peut se construire qu’avec les femmes.

Et après ? L’avenir en perspective

Le pari de Christiane Ohin-Traoré et de son équipe n’était pas facile. Mais il est en train d’être gagné. Cette quatrième édition est celle de la consolidation, celle où l’on ne pose plus la question de la légitimité du forum, mais celle de sa capacité à influer sur les politiques publiques, les investissements, la gouvernance du secteur.

Il ne s’agit plus de dire que les femmes ont leur place. Il s’agit maintenant de mesurer ce qu’elles changent dans les structures qu’elles intègrent, dirigent, transforment.

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